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L'eau naturellement pure - Syndicat Intercommunal des Eaux de la Rgion Grenobloise
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Avec les Chants de l'eau.

 Page en cours d'actualisation.

Un film, un voyage, des témoignages.

Un film, un voyage, des témoignages... Et un superbe projet soutenu par le Sierg.

Où en sommes-nous du projet.

Après plusieurs mois sur les chemins du monde, Perrine et Guillaume Broust sont revenus en France avec 12To (12 000Go) de vidéos, ce qui représente 250 heures d'images soit environ pour 22 000 plans tournées et enregistrés. Ainsi, de octobre à janvier 2014, "nous avons donc trié, compressé et classé toute cette matière ; l'ordinateur tournait en continu nuit et jour pour faire les compressions !" nous indique Guillaume Broust, le réalisateur. Ensuite, du mois de janvier au mois de mai, "Perrine a retranscrit l'ensemble des interviews en français. Il y avait 80 heures d'interviews en six différents langages, qui ont été compilées dans un classeur de 200 pages. Nous avons donc de la matière !" ajoute Guillamue Broust. "C'est le travail que je fais désormais : lire l'ensemble des interviews pour croiser, choisir, compiler celles qui vont être utilisées pour le film final. Je ne referai du montage qu'une fois le script terminé à l'automne 2015". Alors que la sortie du film était annoncée pour janvier 2016, cet objectif ne pourra malheureusement pas être tenu. "Nous ne tiendrons malheureusement pas ce délai, dû à la masse de travail que cela représente, mais nous avons bon espoir de pouvoir présenter quelque chose pour l'été 2016". Ce qui promet quoi qu'il en soit un très beau film, complet et passionnant au rythme des Chants de l'eau auquel le Sierg est fier de contribuer.

Suivre l'actualité du film.

Retrouvez toute l'actualité du projet les chants de l'eau sur la page facebook du documentaire (en cliquant sur l'image ci-joint).

Le Sierg partenaire de ce beau projet.

Les Chants de l'eau est un documentaire qui traite de la perception de l'eau dans le monde, selon les traditions, les cultures, etc. C'est donc dans un voyage à la rencontre des populations locales, que Perrine et Guillaume Broust partent fin 2013 à la découverte de la relation à l'eau à travers le monde afin de réaliser un film destiné à sensibililser et ouvrir notre réflexion sur les façons de chacun à considérer cette ressource. "Ni inquisiteur ni dénonciateur, ce film se veut magique, porteur d'un message d'espoir et d'émerveillement. A travers d'interviews, de gestes quotidiens et d'actions précises, les hommes et les femmes de ce monde se rassemble dans une seule et même danse, autour de ce liquide si précieux" annonce le projet. Mais, pourquoi choisir l'eau comme thème d'un film documentaire de 52mn ? "On ne le dit pas assez, répondent d'une même voix l'ingénieur agricole spécialisée dans la gestion de l'eau et le réalisateur, le manque d'eau de qualité aura des répercussions bien plus importantes que le manque de pétrole ou autres énergies. Source de toute chose, présente partout sur terre, l'eau est indispensable pour le maintien de la vie. Nous souhaitons sensibliser les spectateurs, les occidentaux, les enfants, à mieux gérer, respecter et économiser l'eau". Le Sierg ne pouvait que répondre présent à la sollicitation en devenant partenaire de ce beau projet dont le tournage aura lieu de janvier à août 2014, pour laisser ensuite la place au montage du film qui sera dans un premier temps présenté lors de festivals ainsi qu'à la télévision, avant d'être présenté par le Sierg à l'occasion de diverses manifestations. [Retrouvez ce projet sur le blog en cliquant sur le visuel ci-contre.]

La bande annonce du film.

Retrouvez la bande annonce du film en cliquant sur la photo ci-contre.

Huit pays visités.

Lors de leur voyage, Perrine et Guillaume Broust visiteront la Namibie où le manque d'eau est criant, la Nouvelle-Zélande pour sa gestion occidentale de l'eau, l'Indonésie connue pour ses importantes moussons mais aussi pour sa riziculture, le Laos pour ses barrages et les relations amont/aval, le Cambodge pour ses légendes et ses croyances autour de l'eau, le Botswana pour la trève de l'eau, le népal pour ses sources depuis les glaciers, et enfin la France pour son agriculture, son industrie et ses loisirs liés à l'eau. Découvrez ci-dessous l'évolution de ce voyage reportage effectué par Perrine et Guillaume Broust au grè de leurs déplacements et rencontres.

[1] Rivières et cascades, fierté des néo-zélandais.

Eaux plus bleues les unes que les autres... Les glaciers, torrents, rivières et cascades, font la fierté des néo-zélandais, dans ce beau pays où se mêlent mers et montagnes. [photo n°1, ci-dessous] La Nouvelle-Zélande disposerait même d'eaux de source et de lac les plus pures au monde, à l'image des Pupu Springs, s'approchant de la pureté de l'eau distillée... Il n'est en effet pas rare de voir les poissons au fond des torrents qui ont bien du mal à se cacher des nombreux pêcheurs venus dans cet Eldorado de la pêche ! [photo n°2] Disposant de sols filtrants et de précipitations abondantes, l'eau ne semble pas être une préoccupation pour la population néo-zélandaise, où même les prairies à moutons sont irriguées. "C'est le seul pays où j'ai vu des personnes boire l'eau des rivières directement depuis leur kayak !", nous confie Justin, kayakiste professionnel. "C'était il y a à peine 10 ans, mais plus maintenant...". En effet, depuis quelques années, l'eau du robinet est de plus en plus traitée, et les débats s'engagent autour de l'exploitation intensive du bétail, première accusée lorsqu'on parle ici de qualité de l'eau. Vient ensuite la déforestation, engagée depuis la colonisation pour la construction de bateaux, et poursuivie pour combler les besoins en bois pour la construction d'habitats. [photo n°3] Un habitant de la péninsule d'Akaroa, nous explique que l'eau ruisselle sur les surfaces dénudées au lieu de s'infiltrer. Ainsi, contre toute attente dans ce pays incroyablement vert et au climat doux, Akaroa met en place des restrictions d'eau pendant toute la période estivale. [photo n°4] "Nous n'avons pas les mêmes réserves et précipitations qu'à l'Est, au pied des montagnes où ils peuvent pomper dans la nappe. Ici, on devrait empêcher l'eau de filer aussi vite vers la mer où elle devient salée !". Chacun se rend petit à petit compte de la chance d'avoir de l'eau abondante et de qualité. Les Maoris sourient : "On a écarté certaines traditions en disant que c'était de la superstition. Mais on se rend compte désormais que le respect de la Nature et de l'Eau n'est pas qu'une croyance, c'est nécessaire. On l'explique même scientifiquement ! Malheureusement, on a perdu du savoir... il va falloir retrouver les bons gestes et les bons réflexes !". [photo n°5]  [Texte : Perrine Broust. Photos : Guillaume Broust ©]

[2] Indonésie. L'eau, pas assez respectée, bien souvent se vengerait.

Indonésie... [photo n°1, ci-dessous] Avec près de 17 000 îles réparties sur les deux hémisphères, ce pays multi-culturel où 300 langues sont parlées et de multiples religions pratiquées, l'Indonésie est un pays à la nature incroyable, que ce soit par ses jungles équatoriennes ou ses profondeurs sous-marines. Entourés d'océans, les habitants de l'archipel indonésien trouvent cela bien naturel que de parler d'eau ! Mais la distinction entre eau douce et eau salée est rapidement mise en évidence : si de plus en plus d'indonésiens ont l'eau au robinet, sur bon nombre d'îles cette eau est salée. Les nappes souterraines sont en effet un mélange d'eau issue des précipitations et d'eau de mer partiellement filtrée par les sols. [photos n°2 et n°3] Les habitants remarquent que lors des saisons sèches, l'eau est encore plus salée. Maria, à Nusa Lembongan (Bali) nous explique que pendant ces saisons, il est difficile de faire mousser le savon ou le liquide vaisselle ! Elle prend alors des douches sans savon, et fait mousser son éponge pour la vaisselle dans une coupelle d'eau douce posée à côté de sa bassine. Mais l'abaissement des nappes en saison sèche est amplifié par la multiplication des pompages. De plus en plus de particuliers et surtout de complexes hôteliers ont leur propre puits. Rien ne régule ou n'organise ces pompages. Mais comme l'eau importée par bateau coûte plus cher que l'électricité nécessaire aux pompages, pourquoi chercher à limiter les pompages ? [photo n°4] Eka, à Pulau Weh (Sumatra) nous raconte qu'une douche non salée est un critère important pour les touristes. Certains râlent quand le taux de sel est trop important. Sa guest-house partage le seul puits d'eau douce avec 5 autres guest-houses. Elle doit donc attendre son tour pour pomper, et si un touriste étourdi laisse le robinet ouvert, il faut expliquer aux autres que la douche attendra le lendemain... Pas évident ! Eka s'est associée à d'autres habitants pour tirer des tuyaux depuis la cascade située à quelques kilomètres d'ici. En effet, Pulau Weh a la chance de ne pas dépendre uniquement de ses puits : une belle réserve d'eau s'est constituée dans le cratère du volcan voisin. [photo n°5]

L'eau a également une place importante dans le quotidien par le vecteur des religions. Pays aux diverses influences culturelles, à la croisée des routes maritimes, l'Indonésie a hérité de cultures hindoues et bouddhistes des marchands indiens et chinois, puis de la culture musulmane par les marchands arabes, et enfin du christianisme par les portugais et les hollandais. De nombreuses fêtes et cérémonies sont l'occasion de s'asperger d'eau pour se purifier. On retrouve ce geste de partout : avant la prière pour les musulmans, lors de certaines cérémonies hindoues, pour le baptême chrétien... L'eau synonyme de pureté est un trait d'union entre toutes ces religions. [photo n°6] Mais l'eau ici n'est pas toujours clémente : les courants sont souvent forts et sont parfois de véritables pièges pour les pêcheurs ou les plongeurs. Lors du Tsunami du 26 décembre 2004, des murs d'eau se sont abattus sur les côtes indonésiennes, ravageant tout, emportant maisons et habitants. Pour certains, c'est l'expression divine : l'eau et la nature ne seraient pas assez respectées, trop souvent oubliées ou utilisées sans y prendre soin. Tous s'accordent à dire que l'océan a ses humeurs, son caractère. Il s'exprime par ses courants, ses marées, ses tempêtes. Il rythme la vie des pêcheurs, des cultivateurs d'algues ou encore des écoles de plongée... [photo n°7]

L'eau... fascinante, magnifique, inquiétante... « Pourquoi inquiétante ? » questionne Aurélie, instructrice d'apnée. « Notre peur de l'eau, consciemment ou inconsciemment, viendrait de notre peur de mourir. Une peur silencieuse qui nous empêche d'accomplir de nombreuses choses dans notre vie. Or quand on prend conscience que l'être humain, même en tant que mammifère terrestre, a gardé dans sa génétique une mémoire encore bien présente de notre origine marine, cette peur s'en va ou commence par s'amoindrir ». [photo n°8] Aurélie poursuit : « Le corps humain est fabuleusement bien adapté à l'eau. On appelle cela le réflexe de plongée, ou le Mammalian Dive Reflex : Adaptations physiologiques que notre corps met automatiquement en route, à partir du moment où nous sommes sous l'eau et que nous retenons notre respiration. Il en existe quatre : la diminution du rythme cardiaque automatique, une vasoconstriction périphérique (un afflux sanguin au niveau des organes vitaux), la rate en tant que réservoir et non producteur qui nous délivre davantage de globules rouges, et l'érection pulmonaire qui protège nos poumons de la dépression créée à l'intérieur et qui les empêche d'imploser. Tout ceci dans un souci de conservation de l'oxygène et de son utilisation plus rentable et plus efficace ». « Les mammifères marins tels que les baleines, les dauphins, les phoques, les otaries, et même certains oiseaux marins, possèdent ces adaptations de façon bien plus fortes que nous qui leur permettent de rester très longtemps sous l'eau. Mais nous les avons aussi, plus faibles certes, mais elles sont restées en nous. Et plus nous sommes dans l'eau, régulièrement, plus elles se déclenchement rapidement et fortement. Nous pouvons ainsi davantage nous relaxer, passer une barrière psychologique et rester plusieurs minutes sous l'eau ! C'est une nouvelle rencontre avec soi-même... nous sommes quand même majoritairement constitués d'eau ! ». [photos n°9 et n°10]  [Texte : Perrine Broust. Photos 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9, 10 : Guillaume et Perrine Broust © et 8 : F. Dallery ©].

[3]. Népal. Sur le toit du monde, "l'eau c'est mon sang".

[photo n°1] Népal, toit du monde ! À l'aéroport de Katmandou, des panneaux indiquent fièrement que "le Népal est (après le Brésil) le 2ème pays le plus riche en ressources en eau". L'Himalaya détient en effet la plus grande réserve d'eau douce au monde, hors pôles, majoritairement stockée sous forme de glaciers. [photo n°2]. Mais paradoxalement, l'adduction d'eau est un problème crucial au Népal. Dans les "collines" (soit jusqu'à 4000m d'altitude), l'accès à l'eau dépend souvent de la localisation des villages. Sur les crêtes, où la distribution gravitaire n'est pas possible, il n'est pas rare de croiser des villageois portant des bidons d'eau récupérée dans les rivières les plus proches. [photo n°3]. Quand des robinets sont installés dans les villages, l'eau n'est pas distribuée en continu et les queues pour obtenir la ration familiale quotidienne sont interminables. A Kaski, proche de Pokhara, les villageois nous expliquent que chaque foyer a droit à 20 litres d'eau par jour. D'après eux, "c'est bien insuffisant pour les besoins familiaux, sans parler des besoins du bétail !". Cela se traduit souvent par des tensions et des conflits. Certains sont pragmatiques, comme Chitra Bahadur Gurung : "Nous, on n'a pas d'adduction d'eau vers le village... l'avantage, c'est qu'on ne se dispute pas pour les tours d'eau !". [photo n°4]. On voit les mêmes files d'attentes dans les villes, pourtant situées dans les vallées : le développement rapide de ces villes, dû au fort exode rural, n'a pas été suivi par l'installation des réseaux nécessaires. De plus, la gestion des déchets et l'assainissement n'étant pas encore bien organisés, les fleuves qui traversent les villes sont à l'agonie... [photo n°5]. Pourtant, l'eau est une ressource cruciale pour le Népal. L'industrie, l'agriculture, la production d'électricité, et bien sûr les usages domestiques dépendent essentiellement de cette ressource. Beaucoup d'eau, oui, mais son abondance est saisonnière : pas de soucis en période de mousson de juin à septembre, mais en fin de saison sèche l'accès à l'eau est plus problématique. [photo n°6]. Gopal Lama, dans la vallée de la Tsum, observe que "là où vivent les Lamas (moines bouddhistes), il y a toujours de l'eau... quand ils s'en vont, les sources se tarissent...". Chitra Bahadur Gurung ajoute : "L'eau est indispensable pour vivre, car on en a besoin en toutes circonstances. Et Dieu est source de vie. Donc l'eau est liée au sacré. En conclusion, Lama ou pas, il faut respecter toute forme d'eau !". [photo n°7]. Bhim Prasad Upadhyay, responsable de projets de protection de la forêt à la MCAP (Manaslu Conservation Aera Project), nous explique que les monastères où vivent les Lamas sont souvent entourés d'une zone où l'accès est traditionnellement interdit, les forêts ne sont donc pas exploitées. En effet, les besoins en bois sont importants pour le chauffage, la cuisine et la construction. Or, les forêts permettent de limiter l'érosion des sols et favorisent l'infiltration de l'eau, elles jouent donc un rôle important pour la constitution de réserves en eau et limitent les glissements de terrain. Ainsi, Bhim milite pour le développement de micro-centrales hydro-électriques : "l'électricité diminue fortement les besoins en bois. Le développement de ces centrales contribue donc à la protection des ressources en eau". [photo n°8]. Dans les villes, certains politiques s'emparent de la question et s'engagent pour la protection de la forêt. "C'est quelque chose que l'on peut faire à notre échelle, parce que si on parle de changement climatique, on est impuissant..." argumente Rajendra Raman Parajuli, élu à Pokhara. Pour lui, les problèmes de gestion de l'eau sont techniques, liés au manque d'investissement, mais aussi culturels : "Les disparités selon les castes tendent doucement à s'estomper au Népal, mais elles sont encore bien présentes. Les castes les plus élevées ont souvent plus de moyens que les autres et peuvent palier au manque d'investissement gouvernemental en finançant leur propre réseau". "Cependant, de plus en plus de projets inter-castes voient le jour. C'est une avancée, car il faut se rappeler qu'à l'origine, les 'Intouchables' sont ceux qui ne peuvent pas toucher l'eau des autres castes". [photo n°9]. Sano Babu Sunuwar a quant-à-lui réalisé son rêve. En 2011, accompagné de Sherpa Lakpa, il a gravi l'Everest, décollé du sommet en parapente et a rejoint la mer après 28 jours de kayak. Il a en quelque sorte suivi le trajet d'une goutte d'eau ! "L'eau, c'est mon sang ! C'est elle qui me permet de faire tout ce qui me motive dans la vie ! A l'état solide, on peut la skier, faire de l'alpinisme ; à l'état liquide, on peut flotter, faire du kayak ; à l'état gazeux, on peut voler et faire du parapente !". Il ajoute : "Il y a beaucoup de choses qu'on peut faire à l'échelle d'un village. Pas besoin d'attendre les financements extérieurs pour protéger l'eau ! Il faut avant tout s'organiser localement et ensemble ! L'éducation est la clef de la préservation de ce beau terrain de jeux".  [photo n°10] et [photo n°11et 12]. [Texte : Perrine Broust. Photos 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 11 et 12 : Guillaume et Perrine Broust © et photo 10 : Babu Sunuwar ©].

[4] L'eau au Laos semble être partout.

 [photo n°1]. Le Mékong, véritable colonne vertébrale du pays, parcourt 1898 km au Laos et dessine une grande partie de la frontière ouest. Sans accès à la mer, le Laos semble bâti autour de ce grand fleuve que les laotiens appellent le Mae Nam Khong ou "Mère des eaux". Il relie les principales villes et tire un trait d'union entre les ethnies et cultures si variées des montagnes, des plateaux et des plaines.  [photo n°2]. Toutes ces cultures ont en commun le fleuve ou ses affluents. Tous ont en commun le plaisir de jouer dans l'eau, de s'y rafraichir, d'allier utile et agréable : on se retrouve à la rivière pour faire sa lessive, se laver, voire laver son scooter (ou son éléphant !), récupérer de l'eau pour la boisson... ou parfois tout en même temps !  [photo n°3]. Les cours d'eau sont aussi une importante source d'alimentation : les riverains sont pêcheurs et experts dans l'art de lancer le filet ou de poser des pièges. Les plus jeunes glanent les écrevisses, les crabes ou les algues. A Don Khon, au sud du Laos, Kham nous annonce : "Avec mes pièges en bambou, j'attrape régulièrement des poissons de 45 kg !".  [photo n°4]. A partir de juin, la saison des pluies marque un grand changement de rythme dans le quotidien des laotiens : nombreuses routes deviennent impraticables et les cours d'eau se réaffirment en tant qu'axe principal de transport vers les zones les plus reculées.  [photo n°5]. Rapidement, les eaux sont plus hautes, mais aussi plus troubles et plus dangereuses, les pêcheurs doivent alors être plus habiles et plus attentifs sur leurs petites embarcations. Par contre, plus besoin de récupérer l'eau des fleuves : l'eau des toits est récupérée et il y en a bien assez pour boire, cuisiner et se laver. C'est aussi la saison du riz, élément central de l'alimentation. Une bonne saison des pluies est donc cruciale pour toute l'année à venir. A Tadlo, sur le plateau des Boloven, Mr Pho nous dit : "J'aime la saison des pluies, car on en a besoin pour nos cultures, nos rivières, et rafraîchir l'ambiance... mais je ne l'aime pas, parce que c'est une saison où on ne peut que rester à la maison ! En plus, quand il pleut fort sur les toits en tôle, on ne peut même pas s'entendre ! Du coup tout le monde se regarde sans rien dire...".  [photo n°6].

Pour favoriser les pluies et avoir de bonnes récoltes, les laotiens célèbrent les festivals du Pi Maï et des fusées en avril et mai. Duonghta, à Oudomxay nous explique : "Lors du Pi Maï, on s'asperge d'eau pour se purifier et demander pardon aux personnes qu'on a offensé dans l'année passée. On peut alors passer à la nouvelle année. C'est une belle fête où on organise des concours de pirogue et où tous jouent avec l'eau ! Ensuite a lieu le festival des fusées qui doit favoriser une mousson bénéfique. La fusée fait le lien entre la terre et le ciel, c'est une sorte de messager !". Dans les années 70, les Khmers rouges ont interdit la fête des fusées. L'année fut très sèche... Les habitants dirent que les Nagas avaient été offensés. L'année suivante, la fête fut autorisée et les pluies furent abondantes ! Les Nagas sont des dieux-serpents vivant dans l'eau. Pour les ethnies animistes, ils représentent l'esprit de l'eau. Le bouddhisme, lorsqu'il a pris la place de l'animisme, n'a pas renié les Nagas, au contraire, il leur réserve une place importante dans tous les temples : ce sont des gardiens des eaux. Pour tous, les Nagas sont très puissants et importants. [photo n°7]. Nor Heu Thor, à Ban Houay Tong dans la province d'Oudomxay, nous raconte : "Il y a récemment eu une violente inondation dans un village voisin... Des habitants avaient offensé les Nagas, car ils avaient attrapé un serpent à crête rouge pour le vendre. Or c'était un Naga. Peu après, l'orage a fait déborder le cours d'eau du village et tous ceux de la famille qui avait attrapé le serpent sont morts... Le Naga est très puissant, il ne faut pas l'offenser". Lors de offrandes quotidiennes aux moines, l'eau a un rôle indispensable : Amphay Keovongmany, à Ban Gnor, explique : "Lorsque nous faisons des offrandes, nous donnons du riz aux moines et nous l'offrons aux esprits de notre famille. La terre et les moines sont témoins de l'offrande, et l'eau permet d'indiquer à la terre à qui doit aller l'offrande pour que d'autres esprits ne se l'attribuent pas". Un moine ajoute : "Des offrandes sans eau, c'est comme un arbre sans eau : il ne peut pas donner de fraîcheur". [photo n°8]. Pour les Bouddhistes, prendre soin de l'eau, c'est en quelque sorte prendre soi de soi-même. Phra Kham Phan Sisavath, bonze et directeur de l'éducation au Vat Banching d'Oudomxay : "L'homme est constitué des quatre éléments qu'il doit respecter : la terre forme sa peau et ses os ; l'air est sa respiration ; le feu est son énergie, sa chaleur, mais aussi son humeur ; et l'eau est son sang et ses fluides. C'est elle qui permet de rafraîchir la chaleur du feu". [photo n°9]. [Texte : Perrine Broust. Photos : Guillaume et Perrine Broust ©].

[5] Cambodge. La saison des pluies est vraiment là.

[photo n°1]. 8h du matin... la température monte et devient écrasante. Les chauffeurs de Tuk-tuk s'épongent le front, chacun se réfugie sous le ventilateur le plus proche. Peu après, le ciel s'effondre et se répand en violent orage. Dans les rues, c'est l'effervescence : les commerçants rangent leurs étals et tentent d'éviter que la pluie inonde leur stand ou leur magasin, les passants s'abritent au plus près, les enfants jouent sous la pluie et pataugent dans la rue où le niveau d'eau atteint rapidement 30 cm... Ca y est, la saison des pluies est vraiment là ! [photo n°2]. "Vraiment là ?...". Tout est question de point de vue.  "Ce n'est qu'un rafraîchissement! La température va enfin un peu baisser" déclare Di Soda, chauffeur à Kratié. "Ca ne va durer qu'une heure ou deux, puis il fera beau à nouveau ! Mais pendant la vraie saison des pluies, la pluie succède à la pluie...". Finalement, la notion de 'saison des pluies' est bien différente selon où l'on se trouve et la quantité d'eau tombée à cette période. La pluie apporte une période de travail intense pour les agriculteurs : la terre se ré-humidifie et on peut enfin la travailler facilement. Il faut alors rapidement labourer, aplanir les sols, puis repiquer le riz : à distance des cours d'eau, pas de canaux : c'est la pluie qui remplit les champs. La saison des pluies arrive tard cette année, il ne faut par manquer ce moment clef qui conditionne toute la récolte. "Les paysans sont comme les poissons, ils ont besoin d'eau pour vivre" explique Savong Kao, à Bantéay Méas, province de Kampot. [photo n°3]. Quand on parle du Cambodge, on a l'image d'un pays humide, arrosé d'abondantes moussons. S'il est vrai que de juillet à octobre les cambodgiens doivent parfois faire face à des inondations, le reste de l'année est sec et l'eau est alors une denrée rare. Il y a donc un vrai challenge à stoker l'eau de la mousson pour la période sèche. [photo n°4]. Au nord de Phnom Penh, la capitale, la nature a donné une magnifique solution à ce problème, avec le lac Tonlé Sap. Celui-ci un rôle de régulateur naturel des crues du Mékong en période des pluies, et de réservoir en période sèche. L'eau transite entre le Mékong et le lac par la rivière Tonlé Sap. La magie opère en inter-saison (mai et novembre), lors du « retournement des eaux » : le cours de la rivière Tonlé Sap s'inverse ! Ainsi, en période des pluies, le lac est rempli par le Mékong en crue et sert de déversoir au fleuve, limitant alors les inondations en aval. Puis en période sèche, le lac alimente le Mékong par l'eau stockée auparavant. [photo n°5]. Lors de la saison des pluies, la superficie du lac est multipliée par six, passant de 2700 km2 à près de 16000 km2 et, gagnant en profondeur, son volume serait multiplié par 70. Les habitants de Kampong Luong en savent quelque chose : ce village flottant se déplace au gré du lac. Tout ici est sur bateau : maisons, échoppes, mécanicien, école, pagode et église... Les pêcheurs qui y habitent ont en effet fait le choix de ne pas subir les déplacements des rives du lac, mais de se déplacer avec elles. Pang Ratha, batelier, explique : "Pour aller pêcher, il faudrait tous les matins faire plus de trajet ou traverser de véritables marécages. En une saison, le village se déplace sur plus de 5 km !". [photo n°6]. Peut-être inspirés par le Tonlé Sap, les Khmers d'Angkor ont laissé en héritage d'immenses bassins appelés les Barray. Pouvant atteindre près 8 km de long et 2 km de large, ces bassins permettaient de dispenser de l'eau dans les campagnes avoisinantes pour les besoins agricoles. Encore utilisés aujourd'hui, près de 1000 ans plus tard, les Barray permettent multiples usages : à l'intérieur même du Barray, une première saison de riz est rendue possible lors de la saison sèche, puis l'eau stockée en saison humide sécurise les récoltes estivales. Lorsqu'ils sont remplis, les bassins permettent la pratique de la pêche ou encore les loisirs : les cambodgiens aiment s'y baigner et se reposer sur ses berges. [photo n°7]. On retrouve ce principe dans les activités de l'association Touk Méas - La Pirogue d'Or, dans le sud du Cambodge, province de Kampot. Cette association lutte contre l'exode rural qui dépeuple les campagnes : « Les paysans, souvent surendettés, partent travailler dans les villes ou en Thaïlande pour un salaire certes plus important, mais ils se séparent de leur famille et se mettent en situation d'emploi précaire », explique Savong Kao, fondateur de l'association. L'action principale de l'association est la construction de digues et le creusement de mares dans le but de stocker l'eau de la mousson et de permettre aux paysans d'avoir de l'eau toute l'année. Cette eau alimente une seconde récolte de riz et des cultures maraichères pendant les six mois de saison sèche. Les mares constituent un réservoir de faune et de flore, procurant de la nourriture ainsi que des revenus complémentaires issus de la pêche et de la cueillette des plantes aquatiques. "Nous répondons aux besoins des paysans" explique Savong, "d'abord l'eau, puis tout de suite après l'éducation". [photo n°8].

Myra Soth, co-fondatrice de l'association insiste : "L'accès à l'eau est notre ligne directrice car elle structure l'activité agricole et améliore les conditions de vie des villageois". Le site de l'association rappelle : "La restauration du Cambodge, société essentiellement rurale, dont les structures sociales ont été décimées par le génocide, ne pourra se faire qu’en donnant aux paysans les moyens de survivre sur leurs terres, d’éduquer leurs enfants, d’accéder à une modernité élémentaire et de retrouver leur dignité". [photo n°9]. A Siem Reap, les réserves d'eau abondantes des Barray d'Angkor permettent même à la Siem Reap Water Supply Authority (SRWSA) d'envisager d'en pomper une partie pour alimenter la ville en eau potable, sans perturber les autres usages. Cheav Channy, Deputy General Director de la SRWSA, insiste sur l'importance de fournir l'eau à tous : "L'arrivée de l'eau potable est un facteur important de développement. Cela permet de limiter les maladies et d'améliorer l'hygiène, mais aussi de libérer du temps pour les femmes et enfants, à qui revient habituellement la corvée d'eau. Ils peuvent ainsi faire d'autre choses, comme aller à l'école ou développer des activités rémunératrices". En effet, en période sèche, les villageois doivent chercher l'eau au puits ou dans les cours d'eau pour couvrir les besoins familiaux. On boit alors cette eau dont la qualité est parfois douteuse... Toutes les maisons sont pourtant équipées de grandes jarres remplies par les pluie. Cependant, de capacité réduite, ces jarres permettent seulement d'alléger la corvée d'eau pendant la saison humide. [photo n°10]. "Les gens 'respirent' l'eau, mais ils ne connaissent plus sa valeur" déplore Ek Sonn Chan, secrétaire d'Etat et ancien directeur de la Phnom Penh Water Supply Authority (PPWSA). Il a réussi le tour de force, entre 1993 à 2012, d'alimenter la capitale du Cambodge en eau potable, distribuée au robinet dans tous les foyers. "Si comme moi, ils avaient porté matin et soir des seaux d'eau pour boire, se laver, ou même gagner un peu d'argent pour financer leurs études, ils feraient plus attention à l'eau et ne la gaspilleraient pas !". [photo n°11]. Ek Sonn Chan défend l'accès à l'eau pour tous et donc un prix abordable même pour les plus pauvres. Il déplore cependant la réticence des élus à augmenter raisonnablement le prix de l'eau : "A Phnom Penh l'eau au robinet est à $0,45 le mètre cube (soit 1000 litres) et l'eau en bouteille est à $2 le litre ! Faites le calcul ! Les gens que je rencontre et qui ont eu à porter l'eau trouvent normal que l'eau au robinet se paye ! Moi, même pour $50 par jour, je ne retournerai pas la porter ! Il faut que le prix de l'eau couvre son pompage, sa distribution, sa filtration pour la rendre potable, mais aussi son épuration. En effet, il faut rendre au milieu une eau propre si on veut continuer à en bénéficier". [photo n°12]. [Texte : Perrine Broust. Photos : Guillaume et Perrine Broust ©].

[6]. Namibie. Aridité et rareté de l'eau toutes relatives.

En Namibie, les notions d'aridité et de rareté de l'eau sont relatives. Chacun trouve toujours un voisin pour qui la quête de l'eau est plus difficile ! [photo n°1]. A Sossusvlei, les dunes de sable rouge s'étendent sur des kilomètres. Proches du Tropique du Capricorne, elles semblent être infranchissables, inhabitables... Pourtant, la vie est bien présente dans cette mer de sable. Chaque maillon de la chaîne alimentaire est indispensable et précieux : ce sont les plus petits, les insectes, qui parviennent à capter le plus d'humidité. En effet, ils se gorgent de l'eau de la brume, formée grâce à la proximité de la mer. Ils permettent ainsi à leurs prédateurs de se passer de boire. D'autres, tels les serpents, laissent cette brume se condenser sur leur peau et se lèchent pour s'abreuver. [photo n°2]. Ici, le passage de rivières asséchées est bien visible. « Ces rivières ne sont pas mortes, explique Jandré Germishuizen. Quand il pleut, le niveau de l'eau augmente brusquement de plusieurs mètres ! On y emmène alors les bêtes pour s'abreuver. Mais cela n'arrive que tous les 5 à 7 ans environ... C'est tellement beau ! ». [photo n°3]. Le Mont Spitzkoppe s'élève sur une plaine désespérément plate et aride. Mais ses habitants s'estiment chanceux, comme nous l'explique Frans ''Naobeb : « Ici, on peut même nager pendant la saison des pluies ! Tous les gamins attendent cette saison avec impatience. Ils inventent des excuses pour filer de la maison et aller au trou d'eau le plus proche. Moi, je prétendais aller faire mes devoirs chez des amis. La sanction pouvait être sévère, mais le plaisir de nager valait ce risque ! ». [photo n°4]. Frans explique : « Certains bassins sont réservés à la boisson, d'autres sont ouverts à la baignade. Le granite du Spitzkoppe permet la formation de réservoirs naturels imperméables. Ici, il y a des peintures rupestres anciennes, ce sont les San, une tribu de chasseurs, qui les ont faites. Cela prouve qu'il y a toujours eu de l'eau ici : les animaux savent où est l'eau, et les hommes suivent les animaux ! ». [photo n°5]. C'est le nord de la Namibie, proche de l'Angola, qui accueille le plus d'habitants. Un réseau de mares naturelles permet l'élevage de vaches et de chèvres. Plus en aval, à Onankali, le paysage s'assèche. « Bien sûr, il y a des rivières ici ! s'exclame Johannes Kakololo, seulement, elles sont souterraines ». Mickaël ajoute : « Pour avoir de l'eau, il suffit de creuser. Chaque année, on recreuse les trous d'eau qui se bouchent à cause des animaux et du vent qui y pousse le sable. Seuls ceux qui participent à cette corvée peuvent utiliser l'eau du puits. » [photo n°6]. Christophe Nakalele explique : « L'eau est souvent salée... et elle le devient de plus en plus quand on avance dans la saison sèche. Il y a de l'eau autour de chez moi, mais c'est de l'eau salée. On doit donc faire des kilomètres pour venir jusqu'ici chercher l'eau douce pour la maison ». Johanna, sa femme, rit : « Ce sont surtout les femmes qui portent les seaux d'eau ! Les hommes nous donnent de temps en temps un coup de main, mais ils ne portent pas l'eau sur la tête comme nous ! Moi, je fais au moins 3 aller-retours par jour avec 10 à 25L sur la tête. Mais à chacun son boulot, je serais bien embêtée sans homme à la maison ! » Elle ajoute : « Mes enfants ont intérêt à ne pas gaspiller l'eau. Je ne les rate pas si je les vois faire n'importe quoi avec l'eau, vu l'effort que ça me coûte d'aller la chercher ! ». [photo n°7]. A Okeekee la roche-mère est peu profonde. « Pas besoin de trop creuser, ni de corde pour chercher l'eau, nous montre Joseph Shipanga. Par contre, les réserves d'eau sont faibles, nous devons donc faire des tours : un jour les hommes, et le jour suivant les animaux... Regardez ces mules, elles vont tout tenter pour accéder au point d'eau aujourd'hui, mais c'est à nous d'y aller ! ». Justina Johannes va chercher à pied l'eau au robinet d'Ehato, à 3km de sa maison. Elle a récemment déménagé ici : elle habitait auparavant à la capitale, Windhoek. « Là-bas, j'avais le robinet à la maison... Si j'avais su comme il est difficile d'obtenir de l'eau ici, j'aurais fait plus attention ! On n'a pas besoin de toute l'eau qu'on utilise. L'eau est source de toute vie, de toute activité, on en a besoin pour tout. Même là où l'eau est abondante, il faut la respecter et ne pas la gaspiller : il y a un équilibre à préserver pour pouvoir continuer à en profiter. » [photo n°8]. Installés dans le Nord Ouest de la Namibie, les Himbas sont connus pour leur usage très restreint de l'eau, notamment chez les femmes. En effet, la tradition Himba veut que les femmes ne se lavent plus après la puberté. Elles s'enduisent alors d'une crème couleur ocre, donnant de beaux reflets à la peau. Si elles voient cette tradition comme une coquetterie, elles trouvent plus contraignante la tradition liée à la naissance : pendant les semaines suivant l'accouchement, il ne leur est pas permis de boire afin d'éviter les maladies. Elles mangent donc de la nourriture liquide et évitent les expositions au soleil. « Je peux vous dire que je vais savourer mon prochain verre d'eau! » nous dit Déombitiwah, mère d'un nourrisson de trois semaines. [photo n°9]. [Texte : Perrine Broust. Photos : Guillaume et Perrine Broust ©].

[7]. Au Botswana, l'eau c'est la vie !

« L'eau, c'est la vie »... Difficile de mieux illustrer cette maxime qu'au Botswana ! [photo n°1]. Sans accès à la mer, les paysages du Botswana sont dominés par le désert du Kalahari qui recouvre près de 70% de la surface du pays. Milieu hostile de savane épineuse et rocailleuse, le désert laisse pourtant place, au nord du Botswana, à un oasis de vie : le delta de l'Okawango. En effet, l'important fleuve Okawango « ne trouve jamais la mer » et termine sa course en transformant une partie du désert du Kalahari en vaste zone humide, labyrinthe d'îles, de canaux et de lagunes. Ces 15 000 km2 abritent une faune et une flore très riches où cohabitent hippopotames, éléphants, félins, antilopes et nombreux oiseaux. [photo n°2]. Sea Company est né au nord ouest du delta, depuis tout jeune, il a appris à se déplacer dans les méandres du delta avec son mokoro, pirogue locale : « J'ai toujours vécu avec de l'eau. Dans mon village, il n'y a pas de voitures, pas de vélos, juste des mokoros ! Pour aller chez moi, il faut un mokoro ; pour aller en ville, il faut un mokoro : il faut traverser le delta ! J'aime mon mokoro parce que c'est ma voiture, ma liberté. Je n'oublierai pas les services qu'il m'a rendus !». [photo n°3]. Pour lui, vivre dans le désert, pourtant tout proche, c'est impensable : « Je n'aime pas le désert, car quand il fait chaud, j'aime nager ! Dans le Kalahari, il n'y a pas d'eau, à peine pour boire... Je pense que ce n'est pas une bonne vie. Dans le delta, on trouve l'eau partout, même en période de basses eaux on trouve de l'eau dans les lagunes. Si je suis perdu, je n'ai qu'à écouter l'aigle pêcheur ou les grenouilles, et je sais que l'eau est là ! ». [photo n°4]. Le delta n'est jamais asséché, mais change en permanence de visage. Il est alimenté par le fleuve en Angola. L'eau de la saison humide met environ 6 mois pour arriver au delta, ainsi l'eau du delta est paradoxalement à son plus haut niveau pendant la saison sèche. Chaque année, certains bras d'eau disparaissent pour laisser place à d'autres. « Je sais où passer dans le delta, parce que j'observe les courants. Certains bras ne vont nulle part. La rivière se rétrécit, elle peut être profonde ou non, et finir en lagune... Il y a parfois plusieurs chemins pour aller au même endroit, parfois un seul. Cela change souvent, il arrive donc qu'on suivre un canal et qu'on arrive à un cul-de-sac... il faut alors trouver un nouveau chemin. Ce n'est pas parce qu'il n'y a plus de rivière, c'est qu'elle passe ailleurs, elle contourne une île ou une autre... En deux ans, tout change ! C'est l'eau qui décide par où je passe ! Moi, je dois l'observer, l'écouter... ». [photo n°5]. L'eau du delta est très pure, filtrée dans sa course par des aquifères de sable. Elle est bue par les habitants du delta. « Je respecte l'eau et je veux qu'elle soit propre, que rien n'y soit jeté, parce que je bois l'eau de la rivière directement depuis mon mokoro. J'aime ça et l'eau est bonne pour mon corps. Cette eau ne me rend pas malade car elle est en mouvement. Ce n'est pas pareil dans les trous d'eau où on va parfois chercher l'eau, car les animaux viennent s'y abreuver, la piétinent... cette eau n'est pas bonne à boire. L'eau de la rivière bouge, elle est filtrée par la nature. J'aime boire l'eau directement dans le delta car elle a bon goût, elle me donne de l'énergie, ce n'est pas comme les eaux minérales ! ». [photo n°6]. « Je vis dans l'eau depuis que je suis jeune. Je connais donc ce qui est bon pour elle, c'est pour cela que je la respecte, que je ne veux pas qu'elle soit sale. Le delta me donne tout ce dont j'ai besoin. L'eau est partout, on peut la boire, on peut pêcher, manger les fruits des arbres qui poussent autour, chasser les animaux qui vivent à ses abords... Certaines personnes disent : 'Il y a beaucoup d'eau dans l'Okawango, pas besoin d'y faire attention !' Je ne fais pas attention à l'eau, moi je l'aime, c'est différent ! ». [photo n°7]. [Texte : Perrine Broust. Photos : Guillaume et Perrine Broust ©].

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